_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!ANDROGYNE
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!______________________________________________________________________
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!« La solitude. La solitude, il n'y a pas pire comme sentiment, ça vous prends au coeur et vous dévore l'esprit, annihilant toute pensée sauf celle qui vous hante, celle qui vous blesse au tréfonds de l'âme pour faire de celle-ci une plaie ouverte sans espoir de cicatrisation miraculeuse. »
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!____________________________________________________________
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Il marche sur le trottoir de béton avec pour seule compagnie le spectre de sa mélancolie. Il est beau, terriblement beau, le genre de garçon capable de vous briser le coeur d'un seul coup de sourire. Mais il n'a plus vraiment de raison de sourire, sa tristesse le survole, sombre nuage au dessus de ses cheveux noirs teintés de pourpre, ses cheveux qu'il a dressé en pics sur son crâne à la façon d'un punk des années 80. Et il erre dans les rues de Paris pour rejoindre son lieu de prédilection nocturne, son terrain de chasse favori, où les prises sont nombreuses et si faciles à capturer quand on est doté d'aussi attirants appâts.
Le Marais brille de tous ses feux ce soir, il a sorti ses habits de lumières pour faire concurrence à la voûte céleste. Ses enseignes aux néons clignotent de toute part, incitant le passant à venir boire un cocktail aphrodisiaque, goûter une drogue exotique ou à assister au plus excitant des spectacles. La foule a envahi les lieux, touriste en plein émoi, hétéro branché qui cherche à montrer son ouverture d'esprit, et bien entendu la faune locale constituée de gays en mal d'amour, en couple ou en quête de sexe à l'arrache, des gays musclés ou efféminés, fringué en large ou le cul moulé dans un jean serré. Et cette foule a soif de musique et d'alcool, prête à s'enivrer de vin et de luxure. Pendant des heures elle a attendu la tombée du jour pour enfin donnée libre court à ses pulsions.
Notre triste ami traîne toujours sa peine et il est maintenant plongé dans les profondeurs du Marais. Mais j'ai totalement oublié de vous donner son nom, notre infortuné compagnon se prénomme Raphaël, n'a même pas vingt ans et si il est aussi malheureux c'est parce-qu'il est victime d'une solitude qui lui pèse de plus en plus. Et ce n'est pas faute d'avoir tout essayé pour la vaincre. Il a tout d'abord collectionné les amants, prenant leurs compliments et leurs caresses pour des marques d'amour, pour finir par s'apercevoir que seul le plaisir charnel les intéressaient. Il a alors pensé qu'il pouvait agir de même et il a commencé à accumuler les conquêtes d'une nuit, jouant à les séduire, explorant le ciel et l'enfer avec sa proie pour la quitter le lendemain. Mais sans qu'il comprenne pourquoi la mélancolie lui collait à la peau et son mal-être grandissait aussi vite que défilaient ses partenaires sexuels. Et un jour il s'est aperçu que ce qui lui faisait défaut portait un nom : l'amour. Ce dont il avait besoin tenait en un sentiment qu'il n'avait connu qu'à travers ses lectures ou en visionnant des films. Son remède était si simple et si compliqué, il lui faut un amant fidèle, un garçon à qui il pourrait confier ses peurs et ses espoirs, capable de le comprendre comme jamais personne n'avait pu le faire.
Raphaël est toujours dans le Marais, se demandant dans quel bar il allait passer son temps. Il les à déjà quasiment tous fait, chaque enseigne lui rappelle un verre offert par un séducteur en panne d'imagination, une drogue hallucinogène pour s'enfuir quelques heures ailleurs «n'importe où sauf ici »,ou un amant plus ou moins satisfaisant. Il se remémore chaque souvenir avec une délectation teinté d'amertume quand soudain son regard se pose sur le nom d'une boîte « La Fée Verte ». Dans son esprit surgit l'étrange idée qu'il pourra y trouver de l'absinthe, substance alcoolisée pourtant interdite en France. Mais avec un peu de chance le barman a une bouteille achetée clandestinement en Espagne et planquée sous le comptoir.
La Fée Verte est une boîte aux influences gothiques. Aux influences seulement, car il vient se mélanger à la clientèle vêtue en corbeau toute la nation issue de la marginalité, hippies d'après l'heure, ravers en manque de free party et autres originaux qui ont pour but de boire cercueil sur cercueil afin de terminer leur soirée dans un lit inconnu avec quelqu'un qui ne l'est pas moins. L'intérieur ressemble à un mini entrepôt désaffecté avec une décoration à base de métal, pour la majeure partie tendance abîmé.
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Raphaël ne s'était pas trompé sur ses prévisions, il est assis à une table aux rebords bordés de pics acérés et il sirote avec satisfaction son deuxième verre d'absinthe. A nouveau plongé dans ses sombres pensées il ignore les tentatives de séduction que lui témoignent quelques filles et garçons du bar. Mais il est tout d'un coup extirpé de ses songes par l'arrivée d'une splendide créature. Le jeune homme qui vient d'entrer à La Fée Verte semble âgé seulement de 16 ans et pourtant sa beauté dépasse tout ce que Raphaël a pu voir. Son visage est marqué par des traits d'une androgynie parfaite et ses yeux, « mon dieu ses yeux », sont d'un vert pur comme la chartreuse, un vert aussi enivrant que le plus fort des alcools. « Je pourrais me noyer dans de tels yeux » songea Raphaël. Il a beau se forcer, il ne peut pas détacher son regard de ce visage tellement sensuel. L'androgyne est habillé tout de noir, une chemise serré largement ouverte sur son torse, dévoilant une peau aussi pâle que la craie. Il porte un pantalon de cuir et des doc marteen's. Comme pour confirmer son appartenance au mouvement goth il a accroché une croix ansée à sa boucle d'oreille. Ses cheveux d'un violet sombre lui descendent jusqu'aux hanches, des hanches magnifiques, qui donnent envie a Raphaël d'attraper ces deux poignées naturelles pour mieux enfoncer le sexe de l'inconnu dans sa gorge avide. Et quelle n'est pas sa surprise lorsque l'adolescent, incarnation incontestable de 'enfant de la nuit, s'approche de lui pour lui lancer un salut décoré d'un sourire en lame de rasoir. « On pourrait se couper à des lèvres aussi aiguisées ».
_ Sa... sa... salut.
_ EH comment tu t'a... t'appels ?!
_ Excuse-moi, mon nom est Raphaël.
_ Un nom d'ange, si mélodique... Je m'appelle Vanitas.
Quel nom étrange pour un jeune homme, mais cela va bien avec son look L'androgyne s'assoit en face de Raphaël et celui-ci profite du luxe de l'observer de plus près. Sa peau est encore plus blanche que ce qu'il croyait, couleur os, une couleur presque surnaturelle. Ses fines lèvres sont peintes de noir, comme ses ongles qui ressemblent à des griffes tant ils sont pointus.
_Tu me sembles seul Raphaël. Non, tu souffres d'un mal-être plus grand, tu as l'air d'être en plein combat avec le spleen. Un amateur de Baudelaire ? En fait ce n'est pas aussi étrange que ça. Quoi qu'il en soit ce garçon a vu juste.
_ Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
_ Tu embaumes le désespoir, en te regardant je peux voir tout ceux que tu as crû aimé et qui t'ont abandonné, ceux...
_ Crû aimé ?
_ Je pense aussi que tu n'as jamais rencontré le grand amour, je me trompe ?
_ Un point pour toi. J'attends la suite.
_ J'imagine le dépit qui t'a frappé et les amants d'une nuit pour tenter d'oublier la douleur de ne pas être aimé.
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Il peut lire à travers Raphaël comme dans un livre, chaque mot résonne dans son c½ur, faisant vibrer les cordes de son âme.
_ Mais comment sais tu tout ça ?
_ Je partage ton sentiment, comme toi je suis seul, je n'ai pas trouvé la personne idéale, j'ai beau cherché, on ne m'aime que pour mon physique. Personne ne s'est intéressé à mon intérieur. Personne n'a voulu de magie autre que celle de l'orgasme.
Raphaël écoute, captivé par les paroles de Vanitas, ce garçon le comprend, il sait ce qu'il a ressentit pendant si longtemps. Pour la première fois il n'a pas l'impression d'être seul. Pendant qu'il se laisse emporter par les phrases de Vanitas, les enceintes de La Fée Verte se mettent à diffuser un morceau de HIM, « Razorblade Kiss ».
_ Tu viens danser ?
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Il se lève et suit Vanitas qui est déjà en train de se déchaîner au son des guitares du groupe. Ses cheveux volent dans tous les sens, quelques mèches lui voilent le visage, le rendant encore plus sensuel. Raphaël essaye tant bien que mal de le suivre. Tout en bougeant son corps Vanitas lui murmure à l'oreille :
_ Jamais je n'ai rencontré quelqu'un qui me ressemble autant. Tu pourrais être mon âme soeur.
Raphaël se retrouve muet de stupeur. Comment peut-il être aussi sûr, il le connaît à peine. Pourtant il sait au fond de lui que c'est la vérité. Et sans qu'il le sache pourquoi il réponds :
_ Je t'aime. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé.
_Tu n'as jamais été amoureux. Mais je ne peux pas te faire la leçon je suis dans le même cas que toi.
_ C'est à dire ?
_ Je n'ai jamais aimé.
La déception s'empare de Raphaël, il en pleurait presque. Il s'apprête à quitter Vanitas lorsque celui-ci ajoute :
_ Je n'ai jamais aimé mais toi, je t'aime.
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Son coeur va exploser à force de ce trop plein d'émotions. Décidément il est capable de te faire passer des larmes au bonheur.
_ Tu ne pouvais pas le dire un peu plus tôt, j'ai crû que j'allais me jeter sous une voiture.
_ C'est de ta faute, tu devrais écouter les phrases jusqu'au bout avant de tirer des conclusion aussi hâtives !
_ T'es une, une vraie plaie quand tu t'y mets !
_ On sort ?
Ils sont dans le cimetière du Père-Lachaise, se promenant entre les tombes éclairées par la lumière de la lune, jouant à lire les épitaphes des morts célèbres comme celles d'illustres inconnus. Vanitas connaît bien l'endroit, il a expliqué à Raphaël qu'il était presque toutes les nuits en ce lieu, à se morfondre sur sa solitude dans le calme lourd des sépultures. Les nouveaux amants se réfugient dans un caveau que Vanitas a découvert depuis quelques semaines.
_ Et tu es toujours ici ?
_ Je dors là.
Raphaël sent que son compagnon ne manque pas de surprises et qu'il n'a pas fini de mettre à nu le mystère qui l'habille.
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!_ Tu me prends dans tes bras ?
Il enlace le jeune gothique et se rends compte de sa maigreur. Ses os pourraient se briser si on le serrait trop fort, une étreinte pourrait le briser. L'androgyne se renfonce un peu plus dans ses bras, laisse sa tête reposer sur la poitrine de Raphaël. Celui-ci en profite pour caresser ses cheveux. Il plonge la main dans cette soie organique, la laissant se perdre, couler dans le flot de sa chevelure. Ils restent ainsi pendant quelques minutes, collés l'un à l'autre, formant une seule et même personne. Ils laissent leurs pensées fusionner, se mélanger, pour peindre la toile de leur passion. Vanitas relève la tête et le regarde longuement, doucement il fait glisser ses doigts sur la nuque de Raphaël, « un toucher de velours » qui le fait frissonner, un frisson qui part de l'échine pour se répandre, virus de la douceur, dans tout le corps. Toujours sans se presser il s'approche et dépose un baiser au coin de sa bouche. Raphaël se sent défaillir, pris de vertige par cette maladie qu'est l'amour. C'est le moment que choisit Vanitas pour lui embrasser tendrement les lèvres. Il réponds à ce baiser par un autre, puis par un autre, puis emportés ils lient leurs langues dans une danse passionnel. Vanitas descend sur le cou de Raphaël qu'il mordille gentiment, la caressant du bout de la langue. L'esprit de Raphaël décolle et celui-ci se croit au septième ciel.
_ Tu es un ange Vanitas, Je t'aime mon ange.
_ Ton ange de la mort...
_ Je ne comprends pas.
L'étreinte de Vanitas se resserre, ses morsures se font de plus en plus fortes. Raphaël trouve soudain ses dents plus aiguisées. L'androgyne lui donne un dernier baiser, un baiser tranchant qui lui déchire la gorge, faisant déferler un flot de sang que Vanitas s'empresse d'avaler. Raphaël meurt peu à peu, il pourrait se croire trahi, croire que tout cela n'était qu'un jeu pervers, mais il se fout de la motivation de son meurtrier, il a connu le grand amour et il gardera, où que la mort le mène, le souvenir éternel de ce jeune goth aux yeux d'absinthe. Il se surprend à sourire alors que la faucheuse vient le prendre. Ses veines sont vidées de tout fluide vital, Son coeur a cessé de battre, il quitte son enveloppe de chair avec pour derniers mots :
« Je t'aime Vanitas, merci, merci pour tout ».
Le vampire regarde son amant couché sur le sol du caveau, un sol aussi froid que la mort. Il essuie le sang qui perle sur son menton et qui se mélange aux larmes qui coulent le long de son visage parfait.
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!_ Un ange déchu, mon amour. Je t'aimais réellement Raphaël, mais comme tu as pu le constater je suis damné. Je te dis adieu mais je sais que le fantôme de ton souvenir reviendra me hanter. Je dois te laisser maintenant, le jour se lève...
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!____________________________________________________________
« La solitude. La solitude, il n'y a pas pire comme sentiment, ça vous prends au coeur et vous dévore l'esprit, annihilant toute pensée sauf celle qui vous hante, celle qui vous blesse au tréfonds de l'âme pour faire de celle-ci une plaie ouverte sans espoir de cicatrisation miraculeuse. »
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!______________________________________________________________________
_ TOUCHE PAS VOLEUR!!!!Texte : herePic : Grace Khold
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